D1 LONATO : RéVéLATIONS ACCABLANTES ET SéISME AU SOMMET DU FOOTBALL TOGOLAIS
29/05/2026
À une journée du dénouement du championnat national de première division, la Fédération Togolaise de Football (FTF) se retrouve confrontée à une crise d’une ampleur rarissime. Des révélations accablantes portant sur de présumées manipulations de rencontres viennent brutalement secouer la D1 LONATO, plongeant le football togolais dans une zone de fortes turbulences institutionnelles, sportives et éthiques. Au cœur de cette tempête médiatique : des enregistrements audio explosifs relayés notamment par le journaliste d’investigation Romain MOLINA, dans lesquels plusieurs dirigeants de clubs ainsi que des responsables influents de la Fédération sont cités dans de possibles arrangements liés à la lutte pour le maintien.
Alors que le championnat entre dans sa dernière ligne droite avec des enjeux sportifs considérables dans la bataille pour le maintien, ces révélations viennent désormais jeter une ombre inquiétante sur la crédibilité de l’ensemble de la compétition.
Des enregistrements audio qui provoquent une onde de choc nationale
L’affaire prend sa source dans une conversation téléphonique enregistrée entre Kokou Amétépé TOULASSI, président du FC Espoir de Zio, et Théophile BOLA BONZENZU, entraîneur de l’AS Binah (ex-entraineur du FC Espoir). Dans cet échange devenu viral dans les milieux footballistiques togolais, le dirigeant du FC Espoir, actuellement lanterne rouge du championnat et en pleine lutte pour son maintien, évoque ouvertement des discussions visant à influencer certains résultats.
J’ai vu ton président. Il a donné son accord mais il ne veut pas que tu saches
affirme notamment Kokou TOULASSI, en référence à Sébastien PRÉ, président d’honneur de l’AS Binah.
L’audio devient encore plus sensible lorsque Théophile BOLA révèle avoir été directement approché par Firmin Ayikoé AJAVON, membre du Comité exécutif de la FTF, président de la Ligue Régionale de Football Maritime et vice-président de l'AS Gbohloe-Su des Lacs.
Firmin m’a appelé. Il m’a dit que je dois laisser le match de préférence par 2 à 0
explique l’entraîneur dans cet échange particulièrement compromettant.
Un autre passage évoque également une rencontre « au niveau du premier vice-président Amah », en référence à El Hadj Marcelin Aklisso AMAH, premier vice-président de la Fédération Togolaise de Football. Même si les différents degrés d’implication restent encore à établir officiellement, la gravité des propos contenus dans ces enregistrements suffit déjà à provoquer un véritable séisme au sein du football national.
Une lutte pour le maintien désormais entourée de soupçons
Ces révélations interviennent dans un contexte particulièrement inflammable où plusieurs clubs jouent leur survie dans l’élite du football togolais. Le FC Espoir de Zio, dernier du classement avant l’ultime journée, demeure en lutte directe avec Gomido FC, l’AS OTR et l’AS Binah pour éviter la relégation.

Dans un environnement aussi tendu, le moindre soupçon de manipulation suffit à fragiliser l’intégrité sportive du championnat. Depuis plusieurs années déjà, des rumeurs persistantes de matchs arrangés circulaient dans les coulisses du football togolais sans jamais déboucher sur des procédures véritablement publiques ou des sanctions retentissantes. Mais cette fois-ci, les éléments révélés donnent une dimension totalement nouvelle au problème. Pour de nombreux observateurs, cette affaire agit désormais comme le révélateur d’un système profondément fragilisé où les conflits d’intérêts, les influences parallèles et certaines pratiques opaques semblent avoir progressivement contaminé la gouvernance sportive.
La réaction progressive de la Fédération Togolaise de Football
Dans un premier temps, la FTF avait adopté une posture particulièrement prudente. Interrogé par Sport News Africa, la FTF à travers son chef de département communication Aristide Mawupedzro KUEVIDJIN, indiquait ne pas souhaiter commenter « des allégations » en l’absence « d’éléments officiellement établis ». Mais face à l’ampleur prise par le dossier et à la pression grandissante de l’opinion sportive, la Fédération a finalement durci sa position. Dans une note circulaire adressée aux clubs de l’élite, la FTF a rappelé l’interdiction absolue de toute tentative de manipulation de rencontres, d’arrangement de résultats ou d’influence sur les arbitres et officiels. L’instance a également annoncé un renforcement du dispositif de surveillance autour des matchs à enjeu avec la présence d’observateurs officiels et un suivi accru des comportements jugés suspects.
Plus significatif encore, le Comité d’urgence de la Fédération, réuni en session extraordinaire le 26 mai 2026, a officiellement saisi la Commission de Discipline afin d’ouvrir des investigations sur ces allégations de manipulation. La Commission dispose désormais des prérogatives nécessaires pour auditionner les différentes parties concernées, analyser les éléments disponibles et appliquer, si nécessaire, les sanctions prévues par les textes réglementaires.
Des conséquences potentiellement majeures pour le football togolais
Si les faits venaient à être confirmés, les conséquences pourraient être considérables pour le football togolais. Les règlements disciplinaires de la FTF prévoient des sanctions extrêmement lourdes en matière de manipulation de matchs : retraits de points, suspensions, amendes financières, relégations administratives voire exclusions des compétitions. Mais au-delà du volet disciplinaire, cette affaire menace surtout la crédibilité institutionnelle du football togolais à l’échelle nationale et internationale. L’implication présumée de membres influents de la Fédération pourrait attirer l’attention de la FIFA et de la CAF, particulièrement engagées ces dernières années dans la lutte contre la corruption et les matchs truqués sur le continent africain. Cette crise pourrait également accentuer davantage la fracture de confiance déjà perceptible entre les supporters, les acteurs du football local et les institutions dirigeantes.
À une journée du verdict final prévu le dimanche 31 mai 2026, la D1 LONATO ne se joue désormais plus uniquement sur les pelouses. C’est également l’avenir de la crédibilité du football togolais qui se retrouve aujourd’hui au centre des préoccupations.
Sources
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