ÉPERVIERS U17 FILLES : L’éCHEC D’UN MODèLE à REVOIR D’URGENCE
19/04/2026
La double confrontation entre le Togo et le Ghana, conclue sur une élimination logique des Éperviers U17 Filles, ne doit pas être analysée uniquement sous le prisme du score. Car derrière cette défaite se cache une réalité bien plus préoccupante celle d’un système en panne, incapable de préparer efficacement ses jeunes talents aux exigences du haut niveau.

D’entrée, le constat est brutal. Opposées à des joueuses ghanéennes aguerries, évoluant pour la plupart dans des compétitions structurées, les Togolaises ont affiché des limites criantes, tant sur le plan collectif qu’individuel. Un déséquilibre qui ne relève ni du hasard ni d’un simple écart de niveau ponctuel, mais d’un déficit structurel profond.
Former sans faire jouer, une aberration sportive. L’un des points les plus décriés reste l’absence de compétitions régulières pour ces jeunes joueuses. Dans les centres de formation, le travail existe, certes, mais il reste largement insuffisant sans confrontation réelle. Comme le soulignent plusieurs acteurs du milieu,
tu peux t’entraîner mille ans, sans compétition, c’est zéro.
Une vérité simple mais visiblement ignorée.
Face à cela, la comparaison avec des nations voisines est édifiante. Au Ghana, au Bénin ou encore au Burkina Faso, les jeunes joueuses bénéficient d’un cadre compétitif qui leur permet de développer automatismes, intelligence de jeu et maturité tactique. Au Togo, en revanche, certaines U17 découvrent presque le haut niveau en sélection nationale.
Mais au-delà de la formation, c’est aussi le choix du staff technique qui suscite incompréhension et colère. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer un manque de cohérence, voire de légitimité. Le débat est posé sans détour : faut-il se contenter de diplômes pour diriger une sélection nationale, ou privilégier l’expérience spécifique du football féminin ?
Certains techniciens pointent du doigt un encadrement éloigné des réalités du terrain, avec des profils peu impliqués dans le développement du football féminin local.
Confiez les sélections à ceux qui vivent ce football au quotidien,
martèlent-ils, dénonçant un système où compétence et spécialisation ne semblent pas toujours être les critères prioritaires.
Plus grave encore, des critiques évoquent un manque de renouvellement, avec des membres de staff recyclés d’une catégorie à une autre, sans réelle remise en question. Dans un environnement où d’autres pays investissent dans des profils modernes et spécialisés, le Togo semble accuser un retard inquiétant.
Un problème de vision et d’organisation. Le mal est également organisationnel. Regrouper des joueuses pendant quelques semaines, sans véritable vécu commun ni automatismes, ne peut produire des miracles. Le football moderne exige de la continuité, du suivi et une planification à long terme.
Des pistes existent pourtant. La création d’une équipe nationale U17 intégrée au championnat, comme cela se fait ailleurs, ou encore la mise en place d’un championnat jeune structuré, sont autant de solutions évoquées. Mais pour l’instant, elles restent à l’état de propositions.
Sur le terrain, cela se traduit par un jeu basé presque exclusivement sur le talent brut. Peu de circuits de passes, peu de coordination, peu d’automatismes. Les joueuses tentent, individuellement, de compenser les lacunes collectives. Une situation qui reflète un encadrement insuffisant et un manque de travail en profondeur.
Le constat est dur, mais nécessaire, ces jeunes filles ont du potentiel. Mais sans cadre, sans compétition et sans accompagnement adapté, ce potentiel risque de s’éteindre avant même d’avoir pu s’exprimer pleinement.
Cette élimination doit servir d’électrochoc. Car continuer sur cette voie reviendrait à condamner toute une génération. Le football féminin togolais ne manque ni de talents, ni de passion. Il manque de structure, de vision et de décisions fortes.
La question n’est plus de savoir ce qui ne va pas. Elle est désormais de savoir qui est prêt à changer les choses.
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