QUAND LE PROFESSIONNALISME QUITTE LES VESTIAIRES : WILSON-BAHOUN TêTê APPELé à CONDUIRE LE JEU
08/01/2026
Il y a des jours où le football togolais arrête de parler de promesses et commence à jouer en première intention. Ce jeudi 8 janvier 2026, à Kégué au siège de la fédération Togolaise de football, le ballon de la professionnalisation a enfin été posé au rond central. Fini les échauffements interminables, place au match officiel : la Ligue Professionnelle de Football du Togo (LPFT) est née. Et pour diriger cette rencontre historique, l’arbitre du changement s’appelle Wilson-Bahoun Têtê.

L’Assemblée générale extraordinaire de la FTF avait des allures de finale nationale. Présidents de clubs de D1 et D2, responsables des ligues régionales, dirigeants fédéraux, sans oublier l’État togolais représenté par Agano Kodzo Dogbéda : tout le monde était au rendez vous. Rien de moins que sortir le football togolais du mode « amateur éclairé » pour l’installer définitivement dans la cour des grands.
Le verdict est la création officielle de la LPFT et désignation d’un président transitoire chargé de transformer le rêve en calendrier, les discours en contrats et les promesses en salaires payés à temps.
Wilson-Bahoun Têtê, l’homme du chantier, sans casque, mais avec vision. Ancien président de l’Étoile Filante de Lomé et membre influent de la FTF, Wilson-Bahoun Têtê a été appelé à la barre pour conduire la transition. Mission lourde et une pression maximale. Mais le ton est donné :
Je ferai tout pour que le football togolais renaisse de ses cendres.
Traduction footballistique, fin du bricolage, début de l’organisation. Au programme du chantier : organes de gouvernance, structuration administrative, audit interne et surtout tolérance zéro pour l’argent qui disparaît comme un ballon dans les hautes herbes.
Chaque centime sera dépensé. Aucune évaporation,
a-t-il promis. Une phrase déjà culte.
Pour éviter le carton rouge du conflit d’intérêts, Wilson-Bahoun Têtê a fait un choix radical : il quitte l’Étoile Filante et le Comité exécutif de la FTF.
On ne peut pas cumuler les trois casquettes,
a-t-il expliqué, préférant le costume de serviteur du football togolais à celui de collectionneur de titres.

Pas un sacrifice, insiste-t-il, mais un sacerdoce. Il sait où il met les pieds et le terrain est glissant.
Sur la question qui fâche le nerf de la guerre, le président transitoire se veut rassurant : l’État est partant, les sponsors suivront et les joueurs devraient enfin goûter à ce luxe rare appelé salaire décent. Une révolution silencieuse dans un football trop longtemps habitué aux promesses sans lendemain.
Le championnat professionnel est annoncé pour septembre 2026. Pour Wilson-Bahoun Têtê, ce n’est plus une option mais une obligation vitale :
Si on ne commence pas, le Togo ne sera plus jamais à la CAN et bientôt, on n’aura même plus de clubs.
Un avertissement clair, sans langue de bois, ni gants de gardien. Le Colonel Guy Kossi Akpovy, président de la FTF, parle d’acte de naissance.

Pas d’un simple document administratif, mais d’une nouvelle ère. Il insiste, le délai avant le coup d’envoi n’est pas du temps perdu, mais une exigence de qualité. Infrastructures, contrats, spectacle, investisseurs : tout doit être aux normes.
De son côté, l’État, par la voix de Agano Kodzo Dogbéda, applaudit une réforme qui promet une meilleure gouvernance, une culture d’entreprise dans les clubs et un football enfin capable de créer de la richesse.

Lancée en 2021 sous Lidi Bessi-Kama, accélérée en 2022 par un comité de pilotage, la professionnalisation du football togolais a longtemps ressemblé à une attaque qui n’aboutit jamais. Ce 8 janvier 2026, le ballon est enfin au fond des filets.
Reste maintenant à jouer le match jusqu’au bout. Sans tricher. Sans hors-jeu. Et surtout, sans prolongations inutiles. Le public, lui, est déjà prêt.
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